Ses PIEDS dans mon rêve

Traits FLOUS, mais petit à petit l’identité se fait jour ; je connais cette fille, encore que très peu en définitive : dans la vie on l’appelle SOLENE (je crois).

Assez JOLIE, son teint pâle, maladif même. Une grande fille maigre et mal à l’aise, taiseuse toujours, comme j’aime.

Solène vêtue mais aux pieds nus, en dépit de la présence d’autres personnes à table où nous sommes. Mais je ne les vois ni ne les connais pas, les AUTRES, je n’ai de pensées que pour la pâle Solène. Qui me dévisage énormément.

Sous la table, je ne sais comment, je parviens à m’emparer de ses deux pieds, beaux frêles animaux froids, que j’entreprends de réchauffer dans mes doigts.

JE masse longuement ses pieds, avec application, AMOUR presque. Solène ne proteste pas ; si elle est gênée, c’est à peine s’il y paraît. Ses yeux tristes me fixent. Enfin elle attrape les miens : mes deux pieds déchaussés (je ne m’étais pas rendu compte) dans ses propres mains longues, fines.

Nous NOUS massons, les jambes tendues, le souffle coupé.

Au fond, le contact de ses pieds, de la pulpe des orteils, le derme épais, mou, quasi humide sous les doigts, me dégoûtent un peu, quand même je brûle de lui baiser. Je songe qu’il faudra me laver soigneusement les mains. Du reste, Solène finit par retirer ses deux extrémités d’entre mes paumes. Mais elle saisit mes MAINS et les presse avec violence sous la table ; son sourire est si beau, ses deux grands yeux profonds, vides.

Au réveil, brusque, je reste imprégné jusque dans la salle d’eau, jusque dans la CUISINE, jusques aux cabinets d’un sentiment d’intense bonheur amoureux. Je voudrais mieux connaître Solène. Je songe à l’étude curieuse du Gros orteil qu’a donnée en SON temps Georges Bataille.

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